Jardin de pierres

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Les morts n'existent pas

Famille Curtiz, mes grands-parents maternels... Famille Wenders, mon grand-père Siméon... Me promenant parmi les tombes du cimetière hors saison, il me vient à l'esprit une question étrange : A quoi peuvent-ils bien ressembler tous ces morts ? Question stupide, évidemment. Mais l'idée persiste : On ignore tout de leur vie de mort. C'est complètement idiot, on se doute bien qu'ils sont morts, tous cruellement disparus. Il a fallu douloureusement faire le deuil. Rachel, ma grand-mère. Mes parents, Thérèse, Raymond.

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Quand je pense à eux, c'est un souvenir qui me revient parmi d'autres, un instantané de leur vie passée, extrait d'une vidéo brumeuse que j'ai enregistrée à différents moments de leur existence, et qui m'est restituée à l'improviste, au gré des circonstances ou des associations d'idées.

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Ici, maintenant, dans ce cimetière, rien. Des tombes, des fleurs. Le bruit des pas sur le gravier ont effacé mes songes. Avec Rick et Siméon, c'est différent : je n'ai jamais connu mes grands-pères autrement que par ce qu'on m'a raconté d'eux. Les souvenirs se réduisent à des portraits silencieux, à de vieilles photographies.

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Rachel est morte. Je sais. Je comprends ce que veut dire Rachel est morte. Justement, ça veut dire, mais ça ne le dit pas. Pas du tout. Morte, c'est juste pour dire qu'elle a vécu, que sa vie est finie. Etre mort c'est complètement idiot. Rachel n'est plus. Elle était. Je me souviens. Quelques souvenirs. Je pourrais témoigner, mais ces souvenirs ne sont en rien sa vie, la vie qu'elle a vécue.

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Rachel a disparu. Il serait plus juste de dire Rachel a mourru.

Maintenant, m'éloignant des fantômes du passé, il me vient à l'esprit le fait que nous soyons tous différents les uns des autres, nous êtres vivants à la courte vie, minuscule séquence de ce long chemin de vie sur Terre. Il suffit d'avoir vécu en présence d'animaux pour constater cette étrange singularité de l'être, chaque chien, chaque chat, chacun des chiots d'une même portée, comment chaque être a son comportement, sa personnalité, irréductibles.

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Bagheera, Balou, Bali, Bouxy, Baggy, Bip, nés en 1986, ces adorables bouviers bernois sont tous morts.

La vie, la mort, cruelle disparition d'un être unique, à tout jamais. Pendant quelques années encore, des souvenirs de cette personne persistent dans l'esprit de quelqu'un d'autre, dans la mémoire d'un chien ou d'un chat survivant pour un moment. La vie d'un être unique, des souvenirs, et puis plus rien.

Les morts n'existent pas.

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Fantôme de neige. Photo Marie Josèphe Moncorgé.

Toutes les photos sont de Jacques Bouchut, sauf celle qui ne l'est pas.

La mécanique aquatique et le nécrolithique

N'a-t-on pas toujours fait la guerre dans une logique de conquête ? Conquête de territoire, pillage de matières précieuses. La logique de la guerre étant la loi du plus fort, pour gagner la guerre, au fil du temps on a fabriqué des armes de plus en plus efficaces. Il semble qu'en nos espace-temps de mondialisation et d'armes de destruction massive, la logique soit toujours la même : guerre économique à la conquête de parts de marché, guerre énergétique, guerre agroalimentaire, guerre de l'eau...

En fait, cette logique de conquête en cache une autre : une mécanique aussi implacable et silencieuse que celle de Newton.

Quand en 1942 est lancé le Projet Manhattan, on peut penser que nous sommes toujours dans cette vieille logique pour gagner la guerre. Mais quand, en 1945, nos sociétés ont procédé à 3 essais nucléaires, Nouveau-Mexique, Hiroshima et Nagasaki, la guerre était finie en Europe et il y avait d'autres possibilités pour faire capituler le Japon. Une autre logique s'est mise en place : deux villes rasées et au moins 115 000 victimes en 2 jours. Sans le savoir, l'humanité a sombré dans le nécrolithique, s'enfonçant inéluctablement dans le déclin, dans sa fin, dans un paysage de mort.

En 1952 explose la première bombe H (thermonucléaire) sur l'atoll d'Eniwetok, près des îles Marshall dans le Pacifique. 1 000 fois Hiroshima. On a rasé une ville, puis une autre. C'est quoi la prochaine étape ? Un pays ? Ensuite un continent ? Non bien sûr, on se rassure, il ne faut pas exagérer. Pourtant ce qui est en oeuvre, c'est une logique de destruction. Jusqu'où irons-nous ? De la guerre de conquête, nous sommes passés à la guerre de destruction. Les causes de guerre sont devenues des prétextes, exactement comme la logique terroriste, où l'on voit ceux qui voulaient se libérer de l'oppression céder la place à ceux qui ne veulent plus que mort et destruction. L'invasion de l'Irak est un exemple édifiant du prétexte déguisé en cause.

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Le nécrolithique, voilà le hic - Gribouillages à la suie, mars 2012, Jacques Bouchut

En 1943 débute la commercialisation du DDT, qui donnera naissance aux organochlorés, puis aux organophosphorés à partir de 1945. En 1961 nos sociétés ont créé l'agent orange (dioxine) pour la guerre du Vietnam, 4 millions de victimes, des terres dévastées. Depuis, nos sociétés ont répandu à travers le monde herbicides, pesticides, engrais, et des résidus toxiques dont on ne peut plus se débarrasser. La cause, développer l'agriculture, nourrir les populations, a cédé la place à une logique de destruction massive.

Depuis les crises pétrolières des années 1970, l'exploitation du pétrole par nos sociétés s'assimile au pillage des ressources fossiles, dans des conditions démentes (forage offshore en Mer du Nord, gaz de schistes). Double aveuglement, les catastrophes écologiques se succèdent de façon tellement incroyable que ça devient comique : 1967, Torrey Canyon 1e marée noire, dans la Manche. 1972, naufrage du Sea Star dans le Golfe d'Oman. 1975, échouage du Showa-Maru près de Singapour. 1976, l'Urquiola explose en baie de Corogne, en Espagne. 1978, naufrage de l'Amoco Cadiz. 1979, explosion de la plate-forme pétrolière Ixtoc 1 au Mexique. 1980, retournement de la plate-forme Alexander Kielland en mer du Nord. 1983, le pétrolier Castillo de Beilver brûle en Afrique du Sud. 1984 : la raffinerie de San Juan de Ixhuatepec (Mexico) explose. 1988, fuite de gaz et explosion sur la plate-forme pétrolière Piper-Alpha en Mer du Nord. 1989, naufrage de l'Exxon Valdez en Alaska. Bon là, c'est fini, on a compris.

Eh ben, non ! toujours plus de la même chose, c'est bien trop rigolo : 1992, naufrage de l'Aegean Sea en baie de Corogne, en Espagne. 1993, naufrage du Braer aux Shetland. 1997, naufrage du Nakhodka au large de l'île japonaise de Honshu. 1999, naufrage de l'Erika au large des côtes françaises. 2002, naufrage du Prestige au large des côtes espagnoles. 2003, naufrage du Tasman Spirit au large de Karachi. Etc... etc... Continue tout seul, vas-y, moi j'en peux plus ! 2010, la plateforme pétrolière Deepwater Horizon coule dans le Golfe du Mexique, au large de la Louisiane. Dommage... 2012, Mer du Nord. Encore et encore...

Depuis 1945, nos sociétés ont créé et dispersé à travers la planète des produits mortels ou gravement pathologiques dont on ne peut plus se débarrasser : plutonium, dichloro-diphényl-trichloroéthane (DDT), dioxine, polychlorobiphényles (PCB), métaux lourds, etc... 67 ans plus tard, les scientifiques n'ont aucune solution à proposer et ils disent Stop ! on arrête les conneries, mais ils hurlent dans le néant intergalactique des oreilles scientistes. Des fleuves, des nappes phréatiques, des villages et des villes, des régions, les mers et les océans sont contaminées, des êtres humains sont morts ou gravement malades : catastrophes nucléaires, chimiques, agriculture intensive, industrie agroalimentaire.

Cette mécanique silencieuse, cette logique de destruction, on la retrouve dans l'économie planétaire, à l'oeuvre à la Bourse où la logique semble toujours la même, celle de la spéculation sous une autre forme, dans les sociétés financières dont la logique semble toujours la même, celle du profit sous une autre forme. En fait, cette logique du profit en cache une autre, la mécanique silencieuse, mais bien présente, celle des destructions d'emplois, celle de la destruction des Etats, celle de la destruction de territoires de plus en plus vastes.

Ce ne sont plus des dictateurs, Napoléon, Hitler, Staline, Mao... responsables de millions de morts. Ce sont des gens ordinaires qui font marcher cette belle mécanique de destruction. Ces gens-là n'ont pas de gosses ? Ils ne sont pas effrayés par le merdier dans lequel devront vivre ou survivre leurs enfants et leurs petits-enfants ? Non, pas du tout, ils sont juste dans le mouvement des choses, comme la Lune tourne autour de la Terre, et la Terre autour du Soleil.

On peut se demander Comment empêcher ces gens-là de nuire ? On voit tout de suite que la question est mal posée. Qui va décider (de qui est nuisible ou pas) ? selon quels critères ? comment empêcheront-ils (ces gens-là de nuire) ?

La question serait plutôt : Comment favoriser d'autres logiques, une autre mécanique ? Nos sociétés ont mis en place une mécanique de destruction. Très logiquement elles vont se détruire elles-mêmes. C'est juste une question de temps. Elles vont détruire le système qu'elles ont mis en place. Inutile de s'en occuper. Donnons juste les petits coups de pouce qui favoriseront la mécanique aquatique : une mécanique de construction, une mécanique de l'eau, de l'air, de la vie sur Terre.

La politique, voilà le hic : les hommes et les femmes politiques ne sont jamais qu'à l'image de ce que nous sommes. Nos sociétés, c'est nous, chacun de nous.

Cerisiers en fleurs

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Pluie mare poissons rouges

Kerrias Japonica

Pluton jaune frisson.

Les bonnes affaires de la mondialisation

Eboulis nuit, fréquence phare, bonsoir.

Ce soir nous ouvrons une page spéciale sur les bonnes affaires de la mondialisation. A l'heure de la concurrence internationale et de la mobilité des salariés sur fond de crise financière, s'ouvrent d'énormes possibilités d'économies substantielles dans le panier de la ménagère. Sans plus attendre, nous rejoignons notre correspondante à Beijing. Bonsoir Ciboule, désolé de vous faire veiller jusqu'au petit matin. Alors dites-nous, quelles sont les bonnes affaires à faire ce matin au marché de Pékin ?

Ah Blousie, ici c'est de la folie au Kalahari. Grâce à Mma Makutsi, j'ai déniché un petit restau en plein milieu du désert, c'est une merveille de fraîcheur à cette heure. Rapport qualité prix garanti, c'est le restaurant le moins cher du monde, vous m'entendez Blousie ? du monde ! Au menu, je vous recommande le renard du bush au miel du désert grillé au sable chaud. U-ne-mer-veille ... Alors, pour les meilleures affaires de la mer, on fera son marché aux îles Féroé. Vous me suivez ?

Tout-à-fait, Ciboule. Mais comme vous le savez, se garer à Paris c'est de la folie...

Alors là pas de problème, Blousie dès maintenant vous garez votre voiture sur les parkings gardés 24h sur 24 de Tombouctou : il y a de la place, c'est énorme la différence de prix avec Paris et vous ne collectionnez plus les contraventions. Là tout de suite, c'est carrément vide. C'était Ciboule en direct de Tombouctou, à vous le studio.

Oui. Pour dénicher les bonnes affaires, vous êtes maline...

Les Malouines, je ne peux pas dire, par contre j'ai une affaire en or pour le logement. Enfin, pour le moment. Il est prudent de se dépêcher avant que les habitants des villes les plus chères de la planète, Oslo, Zurich, Genève, Copenhague, Stockholm, Tokyo, Sydney, Helsinki... se précipitent dans les steppes de Mongolie. Là Blouse, y a pas moins cher, c'est pas possible. Et la taxe d'habitation est réduite à 3 fois rien. Le meilleur choix, à 1600 m d'altitude, idéal avec le réchauffement climatique, c'est Dalandzadgad au nord du désert de Gobi. C'est ma-gni-fique ! Ciboule en direct de Oulan-Bator.

Et pour les transports ?

Ah Blousie, si vous saviez, vous ne prendriez plus le TGV, ni le métro, ni les bus, ni rien en France. Je vous parle en direct des Pompiers, l'une des principales gares routières de Dakar. Plus de 10 000 personnes par jour au départ ou à l'arrivée ! Ici, cars rapides et taxis de brousse vous emportent, dans un nuage de latérite, à Ngor, Pikine, Rufisque, Ouakam, pour les uns et Touba, Saint-Louis, Thiès, Kaolack, Tambacounda, Ziguinchor pour les autres. A des prix défiants toute concurrence. Seul point noir : éviter absolument les veilles de fêtes telles que la Korité, la Tabaski parce que c'est noir de monde. Oups, à vous le studio.

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- - - Evolution de la dette à la Chine en fonction des marchés entachés d'incertitude - Gribouillages à la suie, mars 2012, Jacques Bouchut - - -

Bon, je résume pour les noctamboulis qui déboulent au milieu de la nuit : En ces temps de mobilité délocalisée, avec un peu d'astuce il y a plein d'affaires à faire à travers le monde, concernant le logement, les places de parking, les restaurants, la nourriture, les vêtements, et plein de trucs inimaginables en période de crise. Par exemple, on achètera son essence au Mozambique ou au Vénézuela, on fera ses courses en Thaïlande, aux Philippines ou en Indonésie.

Enfin pour clore cette page spéciale, Que choisir avant de mourir a consacré son numéro de mars à l'incinération en Inde. Oubliez Bénarès et l'Inde du nord, un comparatif ville par ville est nettement en faveur du sud, avec un coup de coeur pour Tiruchirāppalli. Quand on voit ce qu'on voit, les tarifs prohibitifs de la pompe funeste en euros, quelques roupies ça fait réfléchir.

Eboulis pour la nuit, faites de beaux rêves.

Le rêve barbare du nucléaire

Il paraît que nos sociétés industrialisées ne peuvent pas se passer raisonnablement du nucléaire. Fou mais logique : peu importe les conséquences... Pourtant 66 ans après Hiroshima et Nagasaki, la Terre irradiée se passe tout-à-fait de l'Humanité à Tchernobyl et Fukushima.

Le nucléaire militaire est mort en 1945, le nucléaire civil en 1986 et le rêve du nucléaire en 2011. On a essayé, on s'est planté, on va continuer encore longtemps ? Ou plutôt, nous pauvres humains qui maintenant vivons, allons nous attendre de voir à la télé le désastre annoncé ?

A suivre sur Jardin de pierres :
Emission radio active
Effondrements successifs
La fin de l’arrogance.

L'incomparable saveur du nouveau plan de rigueur

Eboulis nuit, fréquence phare, bonsoir.

Chers noctamboulis, comme vous le savez, se tient actuellement à Bruxelles une réunion cruciale pour l'avenir de l'Europe. Puisqu'il s'agit de la survie du capitalisme, c'est le moment de se demander ce que signifie une société démocratique basée sur le capital plutôt que sur l'être humain et de quelle manière riches, banques et sociétés financières participent à la rigueur. En attendant la fin de la nuit, j'appelle notre correspondante en direct de Bruxelles : Ciboule, bonsoir, où en est-on des négociations sur le plan de rigueur dans l'Union européenne ?

Ah Blousie, ici à Honolulu c'est de la folie : les plus grosses fortunes ont déserté l'Europe pour se réfugier loin du bruit et de la fureur, je cite. Et tous ces gens ont choisi d'émigrer où, Blousie ? sur-un-vol-can !!! C'est terrible, les pauvres, ils ignorent tout ! Absolument tout !

Ciboule, vous m'entendez ?... Avez-vous des nouvelles de Bruxelles ?

Ouououoiiiiiiiiiii ... à 23h07 exactement, la commission est parvenue à trouver un accord sur le nouveau plan de rigueur européen. C'est très simple : tout le monde sait que les riches travaillent 24h sur 24. A raison d'un revenu annuel raisonnable et moyen de 4.1 millions d'euros. Cela représente 241 fois le SMIC (1 400 € par mois en France, base retenue pour le calcul). Il a donc été décidé que le temps de travail pour un SMIC est ramené de 151,67 heures par mois à 6 minutes par jour, avec possibilité de cumuler la semaine sur une journée de travail de 42 minutes. En effet, après de longues heures de négociations sous la pression de 359 lobbyistes déchaînés, l'éventualité d'une semaine de 30 minutes a été totalement écartée. A vous le studio.

Alors, pour ceux et celles qui nous rejoignent, je résume : Dans toute l'Union européenne, le temps de travail d'un salarié au SMIC est ramené de 35 heures par semaine à 42 minutes, soit 6 minutes par jour hebdomadaire ou encore 8 minutes par jour sur 5 jours ouvrés.

Mais j'apprends à l'instant qu'il vient de se produire un coup de théâtre juste avant le vote des députés européen. Nous rejoignons notre correspondante à Londres : Ciboule...

Ah Blousie, c'est de la folie sur les réseaux sociaux de la City, la main invisible a volatilisé les marchés en lançant un défi à l'Humanité : libéralisation totale des revenus, avec un coefficient modérateur fixé à 96. Le plus bas revenu serait, je dis bien serait, automatiquement égal au revenu le plus élevé divisé par 96. Les Moody blues annoncent un retour à l'équilibre en 240 jours avec pour objectif une échelle de revenus citoyens de 5 000 € à 480 000 €. A vous le studio.

Dites-nous Ciboule, ces propositions de la dernière chance ont-elles été acceptées par l'Europe ?

Ah Blousie, impossible de savoir. Tandis que les Britanniques ont lancé un ultimatum au monde entier, ici à Bruxelles les 359 lobbyistes en colère ont été expulsés du Parlement européen et reconduits aux frontières. On dirait que les négociations sont au point mort de froid. Voilà, je me déplace un petit peu : Monsieur le ministre, s'il vous plaît, 200 ans après la révolution industrielle anglaise, est-ce la fin des chasseurs-cueilleurs dans les salles des marchés financiers ?

Surtout, pas de panique ! nous n'en sommes plus au Néolithique. Vous croyez que l'économique marche à la baguette magique ? Toute cette misère planétaire, c'est effroyable. Le capitalisme est né en Italie, pensez-y ! Son nom de Venise dans Anvers désert. Dans les banques d'Amsterdam, dans le port de Hambourg... Karl Marx a écrit Le Capital à Londres en 1864, rappelez-vous que la crise de 1929 a débuté à Wall Street : Les anglais et les américains n'ont pas arrêté de foutre le bordel.

C'est vrai monsieur le ministre, ça fait froid dans le dos. C'était Ciboule, en direct de Pointe-à-Pitre, à vous le studio.

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La loi du plus fort – collage mars 2012, Jacques Bouchut

Alors je fais le point à chaud : le nouveau plan de rigueur européen, redéfinissant et élargissant le SMIC à 1 400 € pour 6 minutes de travail par jour, a été rayé de la carte avant même le vote définitif du Parlement. En effet, les rétrolibéraux britanniques viennent de lancer cette nuit, depuis la City, le capitalisme à rétroaction rémunéraliste. Les enjeux faramineux ne sont rien moins que réduire les disparités, avec une échelle des revenus qui s'étalerait de 5 000 € minimum à 480 000 € maximum.

Auditrices et auditeurs, ces insondables événements de la nuit me laissent rêveur. La City est la 1e place financière au monde. Depuis la dérégulation par le gouvernement Thatcher, en 1986, le London Stock Exchange est moins règlementé que Wall Street. Sauve qui peut le capitalisme. Par ailleurs, on apprend de source sure que, Paris occupant la 20e place mondiale, une fusion de la bourse avec la Française des jeux est envisagée dans les jours qui viennent.

Eboulis pour la nuit, faites de beaux rêves.

Requiem de Mozart

En cherchant sur Internet, j'ai découvert une branche de ma famille qui remonte, sur 8 générations, à Mozart et au-delà jusqu'en 1680. J'ai calculé qu'en 10 générations il y a 1 024 ascendants directs, parents, grands-parents... Si vous ajoutez les oncles et tantes, les cousins cousines jusqu'au 17e siècle et la 11e génération, ce n'est plus une famille c'est une ville ! Je me demande ce que représentent les 20 personnes de cette lignée particulière parmi ce millier d'ascendants, parmi des milliers d'inconnus ?

En ce qui concerne ma famille, des arrière-grands-parents aux petits-enfants, au-delà de 5 générations ça me dépasse.

Néanmoins, je me suis intéressé aux 3 soeurs Kieslowski.

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Valentine Kieslowski s'est mariée avec Guillaume Annaud. Ils n'ont pas eu d'enfant. Julie Kieslowski a épousé Amadeus Forman. Leur fils Jack et Maggie Eastwood ont eu une fille, Angela Forman. Véronique Kieslowski a épousé David Antonioni. Leur fils Thomas et Laura Lynch ont eu une fille, Jane.

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Et il se trouve que Robert Eastwood (le beau-frère de ma soeur) et Jane Antonioni ont eu 2 fils Jim et John, avant que Robert ne se remarie avec Maria Brooks. Mais c'est une autre histoire.

L'étrange histoire des 3 soeurs Kieslowski

L'étrange histoire des 3 soeurs Kieslowski

Je me suis rappelé que j'avais sympathisé avec Thomas Antonioni lors d'un repas de famille et qu'il m'avait parlé de sa mère Véronique et de ses tantes Julie et Valentine. C'était avant le divorce de sa fille Jane. Les 3 soeurs Kieslowski appartiennent à la génération de mes grands-parents et ils sont tous morts à présent.

Thomas me disait que sa mère Véronique était musicienne avant d'écrire des livres. Elle avait donné de nombreux concerts dans sa jeunesse, en particulier en Pologne. Mais, à la suite de visions semble-t-il, elle avait abandonné une carrière prometteuse de soliste. Ensuite, elle s'était mariée avec David Antonioni. Malheureusement, quelques années plus tard, David avait été assassiné au cours d'un reportage en Algérie dans les années 1950. Il avait changé de nom, ignorant que son identité d'emprunt était celle d'une personne recherchée par le FLN. Au lieu d'être plus libre de ses mouvements, il était mort à la place de quelqu'un d'autre.

Julie Kieslowski, Tante Julie, avait survécu à un accident de la route qui avait coûté la vie de son mari Amadeus Forman. Julie était compositeur et sa musique avait été enregistrée par le label Blue Note. Mais après ce tragique événement, elle avait cessé toute activité, disparaissant du jour au lendemain avec son fils Jack. Quand elle était enfin arrivée à sortir de son désespoir, longtemps après l'accident, elle avait continué le concerto inachevé de son mari, L'Enchantement de l'Europe.

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Les âmes mortes, photo Jacques Bouchut

D'après Thomas, sa tante Valentine avait eu beaucoup de chance en échappant au destin tragique de ses 2 soeurs : alors qu'elle avait failli mourir noyée lors d'un naufrage, elle avait enfin rencontré l'homme de sa vie parmi les survivants. Ils avaient été sauvés alors qu'ils auraient tout aussi bien pu perdre la vie, elle, lui, tous les deux. Détail amusant, ils habitaient le même immeuble. Guillaume Annaud, détective, venait de résoudre la fameuse affaire du manuscrit MS.777 d'Aristote. Souvenez-vous, ces prélats morts d'empoisonnement dans la bibliothèque du Vatican. Valentine, qui n'avait aucun goût particulier pour la musique, s'était passionnée pour la défense des droits de l'homme, participant à la création du Haut Commissariat des Nations Unis pour les réfugiés en 1951. Ses 2 soeurs disaient d'elle à tout propos T'es amoureuse ! ce qui la faisait rire.

Je ne sais pas si on peut établir des correspondances aussi facilement entre les 3 soeurs, dont la vie a été autant marquée par la mort. Après tout, la mort concerne chacun de nous.

Thomas m'a dit également que son cousin Jack Forman (le fils de Julie et d'Amadeus), n'a aucun talent pour la musique. C'est un révolté aussi combatif que son épouse Maggie Eastwood. Ils ont eu une fille ravissante, Angela, qui est restée célibataire après une déception amoureuse. Il semble qu'elle ait connu un pianiste qui l'a laissée tomber. Elle l'aurait tout de même suivi jusqu'à Prague.

Curieusement, il ne m'a pas parlé de Laura Lynch, son épouse. J'ai appris par la suite qu'elle a été assassinée dans des circonstances mystérieuses.

Mythologies familiales

Mythologies familiales

Je suis allée voir La Grande famille des hommes au Musée d'art moderne de la ville de Paris (à voir absolument, d'ici fin février). Parmi les 503 photographies présentées, celles de Thomas Antonioni dans les parcs et jardins de Londres m'ont tout de suite attirée. En particulier je fus très intriguée par la série Mythologies familiales : Distraitement, j'ai d'abord pensé que les photos avaient été prises à différentes époques. Puis, lorsque j'ai réalisé qu'il n'y avait qu'un seul cliché je me suis mise à pleurer, submergée d'émotion.

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Mythologies familiales, photographie de Thomas Antonioni

Je voyais une famille au destin tragique pour ce rouge, une famille de musiciens pour cet or, une famille de contestataires pour ce vert. Chaque famille s'invente une mythologie, qui permet à chacun de renouveler, au fil des fêtes, son sentiment d'appartenance, bercé par la petite musique verte, dorée ou rouge. C'est oublier les autres couleurs de la famille, celles qu'on n'a pas sélectionnées : tous les membres de la famille ne sont pas doués pour la musique, n'ont pas cumulé les tragédies ou ne sont pas révoltés.

Prenant un peu de recul, mais toujours fascinée par la composition, je me disais Tu délires : ce ne sont qu'arbres et arbustes, feuillages d'automne. Tu vois ce que tu vois, il n'y a rien au-delà des apparences. Bien sûr, dans la vie de tous les jours, comme on imagine sa famille on invente l'autre, qui est ceci ou cela, chacun raconte son histoire sur les autres. Mais je me demandais également si écrire un texte, composer une musique ou faire une photo, ce n'était pas contempler ses propres idées.

Alors, auteur ou interprète, comment retrouver un peu de liberté quand on est prisonnier de ses idées ou de ses interprétations, enfermé dans sa famille, dépendant de son conjoint ou de ses enfants ?

Est-ce qu'on est plus libre quand on élargit le cadre avec plus de couleurs ? Est-ce qu'on a plus de liberté avec un peu plus de fraternité ?

Requiem de Mozart

Les blancs là, mon... vieux, ils sont trop méchants

Eboulis nuit, fréquence phare, bonsoir.

Alors que les étudiants en colère bloquent l'Europe, une nouvelle catastrophe se profile à l'horizon des sombres forêts d'Afrique : les planteurs refusent d'expédier leur fèves de cacao dans les pays Rue cabosse, comme ils disent. En direct de Côte d'Ivoire, notre correspondante : Dites-nous Siboule, qu'est-ce qui se passe avec le cacao ?

Ah Blousie, ici à Dakar c'est de la folie, il fait une chaleur... je ne vous dis pas. Même dans la piscine du Téranga, face à l'île aux esclaves... Juste à côté de moi au bar, le premier ministre ivoirien en exil me confiait à l'instant, que disiez-vous au juste ?

Hé ! ce n'est pas juste ! Les blancs là, ils sont trop méchants dans les pays Rue Cabosse : pourquoi ils ne s'occupent pas de leurs parents dans la rue ? pourquoi ils n'arrêtent pas la maltraite de leurs enfants sans abri ? Tous ces gens là, sans maison, sans considération, c'est pas raison.

Alors pour protester contre la misère des pays industrialisés, plus de chocolat, c'est ça ? Vous mesurez l'impact d'une telle décision sur les marchés ?

Pas de commerce équitable avec des sauvages, donc plus de chocolat noir sur les marchés. Plus d'ananas, plus de café, plus... rien ! Voilà, c'est ça l'humanité africaine : on respecte ses parents et on protège ses enfants. Nous n'allons pas laisser mourir de froid et de faim l'humain parti d'Afrique aux temps anciens.

C'était Siboule en direct des champs de Cotonou, à vous le studio.

A Londres et à New York, la main invisible du marché tremble : embargo total sur le cacao. D'un commun accord, c'est incroyable, tous les petits producteurs de Côte d'Ivoire, du Ghana, d'Indonésie, du Nigeria, du Cameroun, du Brésil, d'Equateur et d'ailleurs ont bloqué leurs exportations vers l'Europe et les Etats-Unis. Seuls les chinois ont droit au chocolat. Pour l'instant les marchés affolés n'ont pas encore réagi, et la classe politique dans son ensemble reste sans voix. Nous apprenons à l'instant que la bourse de Zurich a dégringolé à son plus bas niveau et la Confédération helvétique a décidé une journée de deuil national dans tous les cantons.

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Joyeuses fêtes – collage décembre 2011, Jacques Bouchut

Mais nous rejoignons notre correspondante...

Ah Blousie, ici sur le pont d'Avignon les gens dansent tous en ronds. Bouououh !... monsieur le directeur de l'INRA, danser avec vous c'est de la folie. Alors, vous avez une idée...

Mais oui ma chérie, nous avions mené des recherches fructueuses sur l'implantation de plantations de cacaoyers en forêt de Brocéliande. Comme vous vous en doutez, la Bretagne possède un climat tout-à-fait remarquable.

Et alors ? Et alors ?

Nous avons tout abandonné en 2009, quand Merlin Gérin a disjoncté et a migré chez Schneider, nous coupant l'électricité, les vivres et le couvert. C'est une perte immense pour la production française de chocolat.

Et pendant ce temps, vous vous en doutez bien, les gens crèvent de faim, de froid et d'inexistence, dans nos rues, dans nos villes et dans nos coeurs d'homo sapiens.

Eboulis pour la nuit, faites de beaux rêves.

Les couleurs sales de notre sale époque

Eboulis nuit, fréquence phare, bonsoir.

Tout de suite, des nouvelles des manifs : les étudiants du programme européen Erasmus, en stage de langue pacifique aux îles du désappointement (Tuamotu), viennent de reconduire, en AG sur la grève, le blocage des transports dans toute l'Union européenne. Est-ce que vous confirmez, Siboule ?

Effectivement, Blousie, ici à Hammerfest, un soir de réveillon vous vous rendez compte ? il n'y a plus aucun métro, ni bateau, ni bus, ni train, ni rien. Sur le tarmac de l'aéroport international, tous les avions sont cloués au sol. Seule solution pour aller boire un coup et manger des smørbrøds au saumon de l'Atlantique : les attelages de caribou importés du Canada. Comme vous le savez, tous les rennes ont été décimés par les nuages sombres de Tchernobyl et Fukushima.

Siboule merci, ici, le studio. Nous rappelons aux noctamboulis qui nous écoutent que les étudiants en colère protestent contre l'invasion planétaire de la palette bureautique Windows, qui, selon eux, a complètement pollué les imprimés et les marchés.

Tout-à-fait, Blousie, je suis au Musée d'Art moderne de New York, avec le président du syndicat étudiant La vie ça bouge, ça remue, ça vous bouscule dans tous les sens : En un mot, que proposez-vous ?

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Sale époque pour les bleus – collage décembre 2011, Jacques Bouchut

En un mot ? Nada ! Plus rien, nothing, silent way, end now, la fin de ce sale monde aux couleurs sales. Est-ce que vous réalisez tous ces imprimés que vous avez sous le nez, tous les jours ? Pubs, journaux, revues : bleus merdeux, pauvres mauves, verts d'enfer, ces associations mortelles de couleurs sales c'est à vomir un soir d'Halloween. Autant revenir à la grisaille bourge des années 1950, blouses grises, villes grises, morale hypocrite et bien pensante.

Alors, pour recolorer le monde, vous bloquez tout jusqu'à la fin des vacances d'hiver ?

Alors oui, pour une vie en couleurs, on bloque tous les transports en Europe jusqu'à la fin du monde. On est jeunes, vous savez.

A vous le studio.

Pour continuer cette soirée de réveillon sur une note colorée, dans quelques instants vous aurez la chance d'entendre le concert exceptionnel des Nocturnes de Chopin, en direct de Varsovie. Ah !... un communiqué de l'AFP tombe par terre à l'instant, voilà, je le ramasse : l'OMS vient d'annoncer qu'une grave pollution au bicarbonate d'Ohzut touche tous les marchés à la suite des fuites de gaz de schistes qui se sont combinés au dioxyde de carbone et à l'ozone résiduel. Les huîtres particulièrement sensibles à ce produit mortel pour les humains, sont impropres à la consommation et doivent absolument être jetées à la poubelle (tri des ordures ménagères : déchets toxiques non radioactifs, catégorie A). Le communiqué précise que l'entourage de toute personne ayant ouvert une huître doit appeler d'urgence le SAMU social. En direct de l'Elysée, j'appelle notre correspondante : Siboule bonsoir, pouvez-vous nous dire ce qui se passe ?

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Sale époque pour les rouges – collage décembre 2011, Jacques Bouchut

Ah Blousie, ici c'est de la folie : que du beau monde, des rois des reines, des princes et des princesses, et tout le gratin du détournement de biens public réuni dans le seul endroit au Monde où l'on peut manger des huîtres ! Toute la production de Ma Reine Oh les ronds a en effet été réquisitionnée par les services secrets. J'ai appris de source sûre que ces huîtres, qualité 100% française, ont été miraculeusement protégées des rejets massifs d'hydrocarbures accumulés en baie de Somme-toute au fil des marées noires.

Siboule... je vous coupe, ce sont les aléas de l'information. Les gens manifestent cette nuit en banlieue parisienne, à Berlin-sud et dans les faubourgs de Londres, à Buenos Aires et Acapulco, à Tokyo, Kyoto, Quito, Tonnerre de Brest et Bamako. Siboule vous m'entendez ?

Tout-à-fait Blousie, pas de panique, je gère la situation. Ici ça craint, tout le monde est dans la rue. Il neige sur Inverness, c'est ma-gni-fique ! toutes ces petites leds bleues dans les Nordmans de Norvège, c'est beau, et ces flocons comme des esprits dans la nuit...

Oui, Siboule, si vous nous expliquiez ce qui se passe autour de vous ?

Comme je viens de vous le dire, une foule incroyable manifeste, ici à Karachi, pour réclamer la fin du Monde : End-Now ! ... Bloo-dy-Word-No ! Les gens n'en peuvent plus. Vous comprenez : plus d'huître nulle part ! un soir de réveillon ! Un charmant jeune homme, très sexy, me confiait à l'instant : Les huîtres c'est la vie. Nous venons tous de l'océan. Nous sommes tous des mammifères marins.

Siboule, merci, ici le studio. Décidemment, les événements se bousculent et à minuit passé de 3 minutes au Cap de Bonne Espérance, je n'ose même pas vous souhaiter une bonne année 2012.

Eboulis pour la nuit, faites de beaux rêves.

Régalez-vous braves gens

Conte maliféérique pour temps d'après, par l'allumeur de rêves barbares

Grâce aux pubs et à leurs sales couleurs de notre temps, on peut voir la vraie nature de nos aliments. Mais la mort n'est pas à craindre, régalez-vous braves gens, c'est beau, c'est bon et c'est pas cher. Allumez vos bougies et faites vos prières.

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Régal gourmand - collage décembre 2011, Jacques Bouchut

Vous avez un petit poids sur l'estomac ? un léger mal au coeur ? une petite sueur ? Pas grave, juste une indigestion, vous passez l'année à gauche. A votre santé, mangez, dormez, et ....

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Fêtes de beaux rêves - collage décembre 2011, Jacques Bouchut

Conseil présocratique : quand vous reviendrez sur terre, pensez à boire de l'eau, à changer d'air et à vous tenir au chaud.

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