Jardin de pierres

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Coucou, c'est moi

L'auteur du blog s'exprime : précisions utiles et inutiles, informations fragmentaires, explications aquatiques et autres absurdités lapidaires.

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Musique de l’âme pour esprits vagabonds

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Esprits vagabonds : la rencontre et les bisous
Gribouillages décembre 2011, Jacques Bouchut


Aujourd’hui, visiteur de ce jardin imaginaire, vous avez la chance de lire un billet à rallonge et d’écouter 2 Ayler pour la patience d’un seul.

Au cas, fort improbable, où écouter pendant 2 fois 8 mn vous semble impossible, vous êtes terriblement scotché(e) à notre époque et le choc émotionnel de l'audition risque d'être insupportable. Cependant vous pouvez regarder les gribouillages sans crainte. Vous pourrez également lire le texte plusieurs fois ou l’apprendre par cœur. Ou fermer les yeux et ouvrir votre cœur (option recommandée sans accusé de réception).

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Esprits vagabonds : vérités contradictoires en liberté surveillée
Gribouillages décembre 2011, Jacques Bouchut


Aujourd’hui, pourquoi Albert Ayler plutôt qu’un autre ? Parce que 30 ans plus tard, on a oublié l’étiquette Free Jazz et la musique d’Ayler est une musique de l’âme, tout simplement éblouissante. Elle vous emporte, comme la musique mandingue à sa façon ou le blues, comme un train de nuit dans l’espace de vos rêves. Autant John Coltrane vous donne la chair de poule avec ses variations extrêmement complexes, autant Albert Ayler vous touche avec ses thèmes d’une grande simplicité.

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Esprits vagabonds : singularités fusionnelles
Gribouillages décembre 2011, Jacques Bouchut


Juste avant de mourir à 34 ans, il nous a laissé un témoignage exceptionnel le 27 juillet 1970 à St Paul de Vence, lors des Nuits De La Fondation Maeght (disque Shandar SR 10 004).

Spiritual reunion, Albert Ayler 1970

Le thème de sa Rencontre spirituelle est hyper simple. Le saxo joue avec les échos en vagues du piano, sur les rappels à l’ordre de la batterie. Puis cette réunion mystique dégénère en hurlements stridents, comme si les âmes finissaient malgré tout par griller en enfer. Quelques unes doivent tout de même en réchapper, à écouter ces variations superbes au piano, sur tapotis de batterie. Juste avant le retour du saxo, venu dire une dernière prière peut-être.

Truth is marching in, Albert Ayler, 1970

Pour écrire sa Vérité en marche, Albert Ayler va chercher dans son enfance 2 mélodies très simples. Le jeu commence tranquille, comme on jouait à la marelle dans la cour de l’école. Un jeu tout bête, chacun à son tour. Mais inéluctablement la bagarre éclate. Entre garçons bien sûr, les filles ne sont pas si nulles : elles ne cherchent pas la Vérité avec des gants de boxe ou un fusil mitrailleur.

La Vérité d’Ayler ne comprend que 2 thèmes. Imaginez le chaos avec 3 ou 4 mélodies, ou pire, 7 ou 8 vérités incompatibles, comme par exemple le communisme, le capitalisme, la déconsommation, l’économie libérale, l’écologie alternative, la théocratie islamique, le bouddhisme démocratique, le néochristianisme planétaire…

Si vous voulez prolonger le plaisir de cette musique de l'âme...

Droits d'auteur

Vous créez des personnages pour raconter des histoires et vous croyez que vous allez pouvoir dire ce que vous voulez. Eh bien pas du tout ! Ils s'en foutent de vos droits d'auteur, ils n'en font qu'à leur tête. Non, croyez-moi, laissez tomber les personnages et écrivez tout ce qui vous passe par la tête. Ne vous laissez pas mener par le bout du nez par ces petits monstres.

Tiens, Blousie et Siboule sont revenus. En pleine forme, on dirait.

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En attendant la catastrophe (I)

Le vent s'avançait en hurlant à la mort et en sifflant entre les maisons; il envahissait les rues désertées. La ville hibernait, comme dans l'attente immobile d'une épidémie. Les gens se cloîtraient à l'intérieur. Ils fermaient les portes, les fenêtres, tiraient les rideaux en espérant que, bientôt, la vague de froid prendrait fin. Arnaldur Indridason, Hiver arctique.

En attendant la catastrophe... Je ne sais plus si je la redoute ou si je la souhaite. Héritage culturel de la chute, du paradis escamoté ? Crainte de ce qui semble inéluctable ? Désir d'en finir une fois pour toutes avec toutes ces conneries ? Rêve de perfection, ça sera mieux après ? Insatisfaction profonde ?

Arrêt sur image, inaction totale, l'œil du cyclone.

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En attendant la catastrophe...

Tiens, voilà Sophie qui revient... voyons ce qu'elle va nous dire.

Trains du soir, espoir

Kelefa Ba - Jali Nyama Suso (et Alfa Yaya - Abdouli e Samba)

Cette superbe musique mandingue m'emporte à travers l'espace et le temps.

D'abord, j'ai vu une petite fille. Elle est seule, dans une gare, le soir. Une gare des années 1950 en Belgique.

C'est une petite fille en robe bleue à dentelles blanches. La petite fille en robe bleue à dentelles blanches semble écouter les conversations silencieuses, qui s'échangent au long des fils électriques. Suspendus à des centaines de points blancs répartis en 3 écrans carrés, les fils traversent 3 tableaux au sommet des poteaux. Mais elle regarde vers la lumière blafarde, au-delà de la barrière, qui l'empêche d'aller plus loin, sur le quai de la gare, vers cette lueur. Ce n'est pas ce fragile croissant de Lune, accroché au ciel nocturne au-dessus des wagons. C'est une lumière mystérieuse, dans un lointain occulté par les trains. Des trains de nuit en attente à quais, déserts, dans la ville endormie. Des trains en attente, un peu plus loin, presque déjà partis : 2 trains immobilisés par 4 lanternes rouges, 3 disques rouges d'un côté, 1 de l'autre. Une indication précise : 1 - 8 - 57. Trop tard, semblent dire la main gauche et le bras légèrement plié de la petite fille en robe bleue à dentelles blanches. Elle est seule dans la nuit. (Le roman du fragmeur).

A présent, la petite fille est montée dans un train. Elle est partie dans la nuit, emportée par cette musique lancinante. Ensuite, j'entends une musique de mon enfance, la musique des rails : ta-ca-tac...ta-ca-tac...ta-ca-tac... Le paysage défile derrière la vitre. A chaque arrêt, à chaque nouveau départ je m'éloigne un peu plus de mon passé.

C'est vers l'avenir que vole cette petite fille en rêve de nuit, vers l'inconnu, mystérieux, effrayant, excitant. Par magie, tout est possible. Au petit jour, elle ira vers la lumière. Elle va trouver ce qu'elle espère.

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La vie passe, je monte, je descends et je ne sais toujours pas où m'emportent ces Trains du soir. Quand je regarde par la fenêtre, la cour d'école est déserte : tous les enfants ont disparu depuis longtemps.

Les ombres de l'absence

Music is the healing force of the universe
Albert Ayler, Nuits De La Fondation Maeght 1970

Une cour d'école le jour de la rentrée. Vide. Devant la porte, l'institutrice. Elle regarde le vide, puis la feuille de papier devant son nez, puis, baissant la main, elle regarde à nouveau le vide. Finalement elle se décide à lire sa liste. Entre chaque nom, une pause, un regard perplexe vers la cour. Ce regard ne voit rien, il dit seulement : Mais où sont passés mes élèves ? Puis : N'est-ce pas la rentrée aujourd'hui ? Puis : Je suis folle.

Vous n'allez pas le croire : je ne sais pas où sont passés mes personnages. Rien à faire, j'ai déjà appelé : Jicook... Jokico... Jaume... Sophie... Blousie... Ils ne répondent pas.

Ah ! j'ai une idée, la correspondante d'Eboulis nuit saura bien les trouver, ces petits emmerdeurs : Siboule, vous m'entendez ?... Allez Siboule... Elle non plus. Ou elle aussi.

Tous mes personnages ont disparu, voilà pourquoi vous lisez un billet Coucou c'est moi. Pas de fiction pour aujourd'hui, tant pis. On est tout seul et on écoute le dernier souffle d'Albert Ayler. Tout le monde autour de nous a disparu. Fin d'été, ce qui fut n'est plus. Absence, présence, juste des souvenirs en ombre chinoise. Et cette musique réconfortante, cette force universelle qui guérit vos blessures.

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Les ombres de l'absence.

Effondrements successifs

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C’est le régime communiste
le régime capitaliste.

Tu n’as nulle part où aller

Bombes atomiques au Japon
les réacteurs nucléaires
et déchets radioactifs.

Tu n’as nulle part où aller

Produits phytosanitaires
pesticides insecticides
mauvais choix de société
catastrophes humanitaires.

Tu n’as nulle part où aller

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Dictature prolétariat
ou régime totalitaire
démocratie libérale
ou capitalisme misère
c’est la mortalisation.

Tu n’as nulle part où aller

Les généraux dépassés
décorent des héros morts
tu erres en mer trop salée
les requins vont te manger
pas la peine de rouspéter
tu n’as nulle part où aller.

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Pas du tout, collage mars 2011, Jacques Bouchut

L'insondable culture du braque allemand bien éduqué

Il y a les chiens qui ont reçu une bonne éducation et, comme dit mon dresseur, les délinquants, ceux qui embêtent tout le monde. Les chiens bien éduqués ont du vocabulaire : Non ! - Assis pas bouger ! - Va jouer ! (pour le libérer de l'ordre précédent) - Sort ! - Entre ! - A ta place ! (quand il est sur son tapis, il ne mordille pas les pantalons des visiteurs, les souliers des visiteuses) - Tu viens !

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Quand il ne passe pas sa vie à rêver de perdrix, le braque allemand est un chien tout à fait remarquable. Apprendre des mots nouveaux est un jeu bien plus amusant pour lui que de marquer l'arrêt à la bécasse.

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Ainsi j'étais très content de lui avoir appris 20 à 30 mots, quand j'ai découvert que des chiens reconnaissent facilement des centaines de mots, qu'ils associent clairement à des situations particulières.

Alors j'ai voulu savoir si mon chien avait appris autre chose que Monte ! - Descend ! - On y va ! (il adore = on va se promener).

Et je lui ai dit des mots au hasard :
Libéralisme
Licenciement
Misère
Identité nationale
Expulsion
Spéculation
Toilettage de bilan
Gestion des ressources humaines
Rentabilité de la masse salariale
Crise financière internationale
Population vivant en-dessous du seuil de pauvreté...

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Je me demande où il a bien pû apprendre tout ça !

Déconstruction

Coucou c'est moi ! Mes personnages ont donné leur premier spectacle, en signant 20 billets. Pendant qu'ils boivent des rafraîchissements, je signe mon premier billet d'auteur et je rappelle aux visiteurs du soir (dans la lune) que Jaume, Jicook, et Jokico sont des personnages.

Avec un peu de nostalgie, je confirme également qu'est terminée ma petite histoire Jardin de pierres (depuis le début : dernier billet) ou Jicook et Jokico (depuis le début : premier billet).

En juillet 2010 j'ai déconstruit mon premier jardin de pierres. Je l'avais créé en juin 2006 et je l'ai agrandi au fil du temps et de mes récoltes de cailloux. Dans mon esprit, ce jardin a fini par devenir une rivière, un éboulis de rochers (le Claps de Luc), un lac, la mer et des îles. Evidemment, rien à voir avec le Riyoanji et ses 15 îles.

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Le lac

Pourtant j'ai construit développement local, en allant chercher des cailloux ronds de la Drôme, que j'ai patiemment triés par taille. Puis, des cailloux sculptés par les eaux géologiques du Vercors, à 1200 m d'altitude.

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Remise à niveau avec mauvais élève au fond de la classe.

Au-re-voir ... le spectacle continue.

Musique ... lumière ... rideaux ... chut ... (éteignez les portables).